10 years of ekosystem.org (part 1/3)

Je ne me souviens plus exactement de quand date la première mise en ligne du site. C’était vers la fin de l’année 1999, je venais d’arrêter le graffiti après 10 années de pratique. Le site était pour moi un moyen de conclure cette période et de passer à autre chose, je n’imaginais pas que contrairement à mon idée initiale ça allait maintenir mon intérêt pour 10 années de plus. Je n’ai pas acheté directement le nom de domaine ekosystem.org. Mon premier hébergeur était un hébergeur associatif gratuit altern.org. Le site au départ comprenait des photos de trains, et quelques graffitis un peu hors normes pour l’époque principalement des Bordelais comme Cha ou Sobre. Je crois qu’autour de moi assez peu de gens avaient accès à internet.

Il existait à l’époque quelques sites de graffiti; des acteurs majeurs comme aero.fr en France, et puis Graffiti.org bien sur, et une nuée de «petits» sites, mais la plupart n’avaient pas de critères de sélections, ils présentaient les quelques rares photos dont ils disposaient en numérique. Les photos étaient principalement scannées et de petit format, les connections internet rapides n’étant pas encore vraiment accessible et la photo numérique était balbutiante.

Les seuls sites qui permettaient de voir autre chose que du graffiti classique étaient celui d’Obeythegiant et les gens qui gravitaient autour de lui comme Acamonchi ou Do the math.
Space Invader faisait aussi parti des précurseurs et Miss Van avait quelques fans qui avaient créé des pages en son honneur.

L’idée du site était de montrer des choses que l’on ne voyait ni sur le web ni dans les magazines: des trains du sud-ouest et du graffiti «émancipé du hip-hop».


I can’t exactly remember when the website was put online for the first time. It was around the end of 1999, I just had stopped doing graffiti after 10 years of practise. The site was a way for me to put an end to this period and to go on to something else. Contrary to my original idea, I couldn’t imagine it would maintain my interest for another decade. At first I didn’t buy the domain name “ekosystem.org”. My first host was a free associative website host, altern.org . The site in its original form contained train pictures and some graffiti deviating from the norm , mainly people from Bordeaux like Cha or Sobre. I guess that around me few people had access to the Internet.

At the time there were a few graffiti sites – main actors like aero.fr in France and of course Graffiti.org, and a swarm of “small” sites, but most of them had no criteria of selection and only displayed the few digitised pictures they had under hand. Most of the time the pictures were scanned and small format, since fast Internet connections weren’t really available and digital photography was in its infancy.

The only sites that allowed anything else than classical graffiti to be seen were the ones of Obeygiant and of people gravitating around him like Acamonchi or Do the math.
Space Invader was amongst the precursors as well, and Miss Van had a few fans that had created fan pages in her honour.

The idea of the site was to show things that wouldn’t be seen elsewhere on the web or in magazines : southwestern trains and graffiti «emancipated from hip-hop».



La SNCF n’arrive plus à nettoyer les TER du sud-ouest. La quasi-totalité des wagons sont peints. Le site présente une dizaine de nouvelles photos de trains par semaine ce qui pour l’époque était un rythme de mise à jour élevé. Les mises à jours étaient fastidieuses, et l’ajout d’une photo nécessitait la saisie de quelques lignes d’HTML.
Mon camarade de graffiti des années 90 et de demo-coding de la fin des années 80: Julien v3ga me rejoint pour faire vivre le site, il mitraille le réseau TER d’aquitaine et va très vite s’occuper de toute la partie technique du site et ce jusqu’à aujourd’hui. Le site recevait une centaine de visiteurs par jour. Ça nous paraissait énorme.
En parallèle j’essaie de mettre en avant des gens faisant des choses un peu différentes depuis un certain temps comme La Mano, Hnt, Jace, Miss Van, le 33 (east eric), Vania ou Space Invader et une mini scène se crée progressivement autour d’ekosystem. Des artistes comme Krisprolls, 108, Cre ou Santy se reconnaissent dans les travaux présentés sur ekosystem et commencent à m’envoyer des photos (souvent par la Poste pour que je les scanne)


La scène Parisienne est incroyablement inspirée et inspirante avec Space Invader, Hnt, Zevs, Stak, Andre

Pas mal d’articles commencent à paraître sur Sheppard Fairey, le mot street-art n’existe pas encore, pas mal de gens commencent à faire des affiches et des stickers sous l’influence du géant californien, on parle alors de «propaganda». Akayism fera parti de ceux qui ont marqué cette époque en Europe.
Space invader commence à être invité dans différents festivals dans le monde.

Space Invader 2000
Stickernation.net apparaît, super design, super code, il accompagnera l’explosion des stickers au Pays Bas.
Naissance du site d’El Tono qui avant d’être un site centré sur son travail, présentait un panorama de la scène du moment.

2000

The SNCF (the national french train company) can’t manage to clean the regional trains in the south-west anymore. Almost all waggons are painted. The site displays a dozen of fresh train pictures every week, which for the time was a high update rhythm. The update process was tiresome, and the addition of a new picture needed the attachment of a few lines of HTML. My graffiti partner from the 90’s and demo-coding partner from the late 80’s, Julien v3ga joins in so that the site can continue to live, he strafes the regional network of our region and very soon takes control of all the technical part of the site’s management, and is still doing it today. The site had a hundred of visitors a day, which at the time seemed huge for us.

Mr A

In parallel, I try to put forward the works of people who have been doing slightly different things for some time, such as La Mano, Hnt, Jace, Miss Van, le 33 (east eric),
Vania or Space Invader, and progressively a small scene takes shape around ekosystem. Artists like Krisprolls, 108, Cre or Santy identify themselves with the work presented on ekosystem and start sending me pictures, often by post mail so that I can scan them.
The Parisian scene is incredibly inspired and inspiring, with Space Invader, Hnt, Zevs, Stak, Andre…
Honet Paris 2000
Quite a few articles are published about Sheppard Fairey, even though the word “street-art” doesn’t exist yet, people start making posters and stickers under the influence of the Californian giant, and the word “propaganda” is employed to define this trend. Akayism will be part of the ones who have left their mark in that period of time in Europe.
Space Invader starts being invited in different festivals all over the world.

Akayism NYC
Stickernation.net appears, with super design and super coding, and accompanies the sticker explosion in the Netherlands.
Birth of El Tono’s site, which before being centred around his work, presented a panorama of the scene at that time.


Le site commence à prendre de l’ampleur je me décide à acheter le nom de domaine ekosystem.org et à prendre un vrai hébergement payant. Les 1eres interviews font leur apparition (Space Invader 108, Cha…).
Ekosystem devient le point de rassemblement pour toute une scène européenne émergeante. Quelques noms parmi les gens actifs à l’époque ( 108, Alexone, Bild, Bo130, Crusty, El Euro, Etron, Ewos, Flying Fortress, Gomes, Krsn, Pez, The Plug, Santy, Stirb, Supakitch, Wood…)
Le simple fait de peindre autre chose que des lettres, de ne pas signer son travail ou d’utiliser un autre outil que la bombe nous paraissait -de façon assez naïve- incroyablement frais et inventif.
Sous l’influence de La Mano, Suso33, Osta ou de Stak, c’est la mode des pictogrammes, un symbole à la place d’un tag.

2001

The site is becoming more and more extensive and I decide to buy the domain name ekosystem.org and take a true paying web hosting. The first interviews appear (Space Invader, 108 and Cha)
Ekosystem becomes the gathering point for a great part of the emerging European scene. A few names amongst the active ones of the time (108, Alexone, Bild, Bo130, Crusty, El Euro, Etron, Ewos, Flying Fortress, Gomes, Krsn, Pez, The Plug, Santy, Stirb, Supakitch, Wood…)
The simple fact of painting something else than letters, not signing one’s work or use another tool than spay paint seemed to us -quite naively- incredibly fresh and inventive.
Under the influence of La Mano, Suso33, Osta or Stak, it’s the fashion for pictographs, a symbol instead of a tag.


Les réseaux sociaux n’existant pas encore, ekosystem était le passage obligé pour rencontrer et découvrir d’autres artistes. Le mot street-art commence à être utilisé ici et là, même si il est rejeté par la plupart des acteurs. Il sera cependant adopté faute de mieux dans les mois qui suivent et deviendra synonyme de graffiti branché.
Je met en place un forum de discussion sur le site et sous l’influence de Santy, Cha & Mr Poulet, on lance un projet collectif appelé: Don’t copy me. Une trentaine d’artistes (principalement européens mais aussi quelques autres d’ailleurs comme Above) m’envoient une production sur le thème de la copie. L’enthousiasme est réel, on commence à se rendre compte de la puissance d’internet pour connecter les gens et de la vitalité de la scène. C’est un vrai succès, le début d’une certaine visibilité, pas mal d’articles dans la presse sont publiés et le slogan sera même repris par une chaîne de magasin de vêtement en France.

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Quelques fanzines photocopiés apparaissent, encore une fois la facilité avec laquelle Internet nous permet de réaliser des projets rapidement avec des intervenants vivants à des milliers de kilomètres nous semble incroyable.

Urban Discipline à Hambourg rassemble les acteurs les plus intéressants du moment Stak, Honet, Andre, Zedz, Alexone, la Mano et pour sûrement la seule et unique fois Banksy à visage découvert pour une exposition collective.

Banksy at Urban Discipline

Quelques artistes qui marqueront cette année sur ekosystem: TT crew, Ewos, Erosie, Dave Warnke, Shes54 aka bfree, Hoernchen, Gil Bensmana, Pixel Phil aka OPT, BO130 & Microbo.

– Un nouveau site Parisien va rassembler la scène parisienne pendant quelques temps: Armvr.net
– Le collectif «Une Nuit» recouvre les 4 par 3 parisiens d’affiches de François Morel, Sich, Gilbert, Space Invader, Stak, Osta, El Tono, La Nuria, Parapluie, Hermes, Miss Van, Hondo, L’Atlas

– Le Scrawl collective publie un premier livre sur les stickers: Stick’em up.
Stickit.nl prend le relais de stickernation qui peine à sortir une nouvelle version de leur site. Les pays bas sont maintenant recouverts depuis plusieurs mois de stickers de Space3, Influenza, Sol crew, Ewos, Wood
– Sortie du magazine WorldSigns dirigé par Olivier Stak.

2002

Most of the social networks don’t exist yet, ekosystem was the necessary stop to meet and discover other artists. The word street-art starts being used here and there, even, if rejected by most of the actors. It will nevertheless be adopted during the following months in the absence of anything better, and become synonymous with trendy graffiti.

I organise the news group on the site, and under the influence of  Santy, Cha & Mr Poulet we start a collective project called “Don’t copy me” . Some 30 artists ( Mostly European but others as well from elsewhere like Above) send me a production on the theme of copy. The enthusiasm is real, we start realising the power of the Internet in connecting people and the vitality of the scene. It is a real success, the start of some visibility for all involved, a couple articles are published in the press and the slogan will even be taken afterwards by a clothing company in France.

Jennifer don't copy me bitch


A few photocopied fanzines appear, and once again the easiness with which Internet enables us to realise projects rapidly and with contributors living thousands of miles from us seems incredible.
Urban Discipline in Hamburg gathers the most interesting actors of the moment, Stak, Honet, Andre,  Zedz, Alexone, la Mano and perhaps for the one and only occasion Banksy openly painting, for a collective exhibition.

A few artists that branded that year on ekosystem :TT crew, Ewos, Erosie, Dave Warnke, Shes54 aka bfree, Hoernchen, Gil Bensmana, Pixel Phil aka OPT, BO130 & Microbo.
-A new Parisian site will gather the scene there for some time: Armvr.net
-The collective “Une nuit” covers the Parisian billboards with posters from François Morel, Sich, Gilbert, Space Invader, Stak, Osta, El Tono, La Nuria, Parapluie, Hermes, Miss Van, Hondo, L’Atlas…
-The Scrawl collective publishes a first book on stickers: Stick’em up.

-Stickit.nl takes the relay of Stickernation, which has trouble releasing a new version of their site. The Netherlands are now covered, since a few months, with stickers from Space3, Influenza, Sol crew, Ewos, Wood…
-Release of WorldSigns magazine directed by Olivier Stak.


Special thanks to Delco for the translation to english.
Russian translation of the article here by Aske/Sicksystems

The 2nd part of the text is here

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